Prendre le temps d’observer pour mieux soigner

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Dr. William Suerinck & Dr. Cora Luchino

Psychiater, Homöopath, Kinderarzt, Homöopath - Centre de santé La Pierre Blanche, La Corbière

mars 15, 2022

Qu’est-ce que l’homéopathie ? C’est une option de traitement qui ne se concentre pas nécessairement sur la maladie elle-même, mais sur la personne dans son ensemble. Elle prend en compte les aspects physiques, psychologiques et émotionnels d’une personne en plus de la maladie. Les patients qui ont recours à l’homéopathie souffrent généralement d’une maladie chronique et progressive. Cette maladie ne peut pas être guérie, mais les symptômes peuvent éventuellement être stabilisés. Un autre symptôme typique serait la fatigue. L’homéopathe pose alors une série de questions et examine comment le patient a vécu sa vie jusqu’à présent. Une fois qu’il a obtenu toutes les informations possibles, l’homéopathie entre en jeu. C’est pourquoi prendre le temps d’observer permet d’obtenir de meilleurs soins.

Vous voulez en savoir plus ? Continuez à lire l’article du Dr William Suerinck et du Dr Cora Luchino.

Une médecine dite «douce» qui est la deuxième médecine la plus utilisée au monde selon l’OMS. Mais quels sont les avantages de cette médecine individualisée et parfaitement naturelle qui prend le temps de l’observation pour optimiser la guérison? Réponse avec le Docteur William Suerinck et la Doctoresse Cora Luchino tous les deux praticiens au centre de santé de la Pierre Blanche dans le Canton de Fribourg.

Qu’est ce qu’on appelle la médecine douce et plus particulièrement l’homéopathie? En quoi cette médecine est-elle différente de la médecine conventionnelle?

Dr William Suerinck: La grande caractéristique des «médecines douces », la médecine chinoise et l’homéopathie notamment, c’est le caractère très individualisé de l’approche à l’inverse d’une approche standardisée de la médecine conventionnelle. Par exemple: vous avez une maladie chronique, tout le monde aura une base de traitement identique. Les traitements conventionnels se focalisent sur la ou les maladies, non sur le malade dans sa globalité. La médecine douce, va prendre en compte la personne souffrante dans toutes ses dimensions : corporelle, émotionnelle et psychologique. L’homéopathie qui utilise quelques milliers de substances issues des 3 règnes de la nature (végétal, minéral et animal) peut être administrée à des personnes très sensibles et peut être associé à des traitements lourds, comme la chimiothérapie.

Dresse Cora Luchino: C’est l’observation de l’organisme, «connais-toi toi même» comme le dit la formule grecque. La médecine homéopathique consiste à observer la réaction d’un organisme face à la maladie ce qui permet ensuite de développer une stratégie de traitement. On va poser une série de questions concrètes et essentielles du type: avez-vous soif? De quoi? Comment est votre appétit? Un patient se réveille vers 2-3h du matin avec une toux qui lui fait mal à la gorge: Comment est cette douleur? Elle pique? Elle brûle? C’est une médecine qui va prendre le temps de s’adapter à chaque organisme pour mieux le soigner.

Quels sont les autres avantages de ces traitements?

Dr William Suerinck: Trop peu d’études scientifiques parviennent à prouver l’efficacité de ces médecines, mais en réalité, sur le terrain c’est la satisfaction qui prime pour quelques centaines de millions d’utilisateurs dans le monde. Pratiquées avec rigueur, ces médecines douces peuvent stabiliser des maladies chroniques, et parfois même permettre leur réversion. Plutôt que d’aller contre les symptômes, elles tentent d’en comprendre la cause. Elles considèrent que si un organisme a pu générer une maladie, il doit être en capacité de la défaire. Tout cela en douceur et sans utilisation de produits toxiques ni de phénomène de dépendance.

Dresse Cora Luchino: Il n’y a pas d’effets secondaires ! Si l’on prend les 2 médicaments les plus utilisés : le paracetamol et l’ibuprofène, le premier est un anti-douleur et antifièvre, l’autre est un anti-inflammatoire. Il a été prouvé que le paracetamol est mauvais pour le foie car il créé des insuffisances hépatiques, ainsi l’organe perd sa capacité à se régénérer pour faire face aux infections. L’automatisme européen très répandu, qui consiste à prendre du paracetamol dès les premiers signes de grippe, est donc mauvais, surtout pour les plus jeunes dont il faut impérativement défendre le foie. Quant à l’ibuprofène, on le sait, il va abimer la muqueuse gastrique. Ces deux médicaments sans ordonnance sont très accessibles, c’est pour moi déjà un problème.

A quels types de patients et de pathologies s’adressent ces médecines douces?

Dr William Suerinck: Le patient type, est un patient atteint d’une pathologie chronique qui évolue. C’est donc une maladie qui ne guérit pas mais dont on peut stabiliser les symptômes. Parfois, ces malades sont insatisfaits de leur traitement. Ils veulent aussi prévenir une dégradation ou une rechute. On peut parfaitement accompagner un patient atteint d’un cancer après sa chimiothérapie pour l’aider à récupérer ou le soulager d’effets secondaires. Idem pour des patients en état de d’épuisement lié ou non à une maladie, ou qui ont fait un burn out et qui ont besoin de se ressourcer. Nous avons traité récemment à la Pierre Blanche un patient atteint d’un cancer de la prostate. Il était amaigri, très épuisé à cause de ses traitements, il souffrait de douleurs terribles et de fuites urinaires importantes post opératoires. Nous avons procédé à une consultation homéopathique. Celle-ci a mobilisé 2 homéopathes pendant 3 à 4h pour lui établir un traitement individualisé. Encore une fois, nous avons pris le temps de l’observation et de la réflexion. Le patient est ressorti au bout d’une semaine bien plus en forme, avec beaucoup moins de douleurs et son incontinence à été améliorée à 70%. Il a repris 3kg et un bien meilleur moral. Ce traitement médical a été bien sûr associé à des approches corporelles et psychothérapeutiques, à un changement d’alimentation, ainsi qu’à une reprise d’activité physique adaptée.

Dresse Cora Luchino: Prenons un autre cas typique: la fatigue qui est l’un des plus grand motif de consultation. Une personne est fatiguée, on va déjà analyser tout son mode de vie et son état de santé moral. Est-elle heureuse? A-t-elle des plaisirs dans sa vie? C’est la base? Je vais ensuite lui demander ce qu’elle mange? Cela me donnera une idée de l’état de son intestin puisqu’on sait que 90% des problèmes viennent de cet organe qui est aussi appelé « le deuxième cerveau». L’homéopathie vient après tout cela. Ce n’est pas un cachet qu’on prend dès qu’on a un problème, il faut analyser la vie du patient et l’observer. L’homéopathie va surtout traiter les symptômes rares et curieux liés à la fatigue par exemple: la langue est épaisse et blanche au réveil. Ou encore: mon sommeil n’est pas réparateur et aggrave mon état d’esprit. C’est là qu’on peut intervenir avec des substances parfaitement naturelles une fois qu’on a pu analyser le patient dans toute son individualité.

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