Rester jeune, une perspective réaliste et une nécessité !

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mai 19, 2021

Il est étonnant de constater à quel point notre espérance de vie s’est améliorée au cours des 100 dernières années. Ces années supplémentaires que nous continuons à obtenir doivent cependant être traitées avec le plus grand respect. Rester jeune est aujourd’hui une perspective réaliste, et même une nécessité. Notre vie quotidienne devrait être remplie d’activités physiques, d’une vie sociale active, et plus encore. Le vieillissement s’accompagne de certains risques, mais la majorité de ces risques peuvent être évités si nous prenons soin de notre esprit et de notre corps. Au fur et à mesure que la médecine et la technologie progressent, il ne tient qu’à nous d’en tirer parti !

Si vous voulez en savoir plus, continuez à lire l’article du professeur Jacques Proust.

Notre espérance de vie, en tant qu’espèce humaine a presque doublé en un peu moins d’un siècle. A jouer ainsi les prolongations, ne risquons-nous pas de subir de plus en plus l’outrage des ans?

C’est un fait, nous vivons de plus en plus longtemps. Notre espérance de vie augmente encore régulièrement de 3 mois tous les ans, sans aucun signe d’infléchissement. Chaque petite fille qui naît aujourd’hui a une chance sur deux de devenir centenaire. Il est donc impératif, à la fois sur le plan individuel et sur le plan socio-économique que ces années de vie supplémentaires soient des années de vie active, en pleine santé et en complète possession de nos capacités physiques et intellectuelles. De nombreuses études démontrent que le maintien de l’état de santé n’est pas incompatible avec l’avance en âge. Toutefois, certaines mesures de prévention doivent être prises, afin que cette augmentation de la durée de vie ne s’accompagne pas d’un déclin physiologique qui la rendrait difficilement supportable. C’est à nous de faire en sorte que ce privilège qui nous a été accordé ne soit pas un cadeau empoisonné!

Au moment où l’allongement de la vie se poursuit, est-ce que l’on comprend mieux pourquoi et comment on vieillit ?

La prolongation de la vie humaine est un évènement unique dans l’évolution des espèces. Ce phénomène scientifique exceptionnel et ses conséquences socio-économiques ont évidemment suscité un intérêt considérable chez les médecins, les biologistes, les généticiens, les biochimistes et quantité d’autres spécialistes. Ces dernières années, des progrès considérables ont été accomplis dans la compréhension des mécanismes biologiques à l’origine du phénomène de vieillissement. L’un des constats majeurs de la recherche dans ce domaine est que le vieillissement et les maladies qui lui sont associées sont loin d’être aussi inéluctables qu’on le pensait. On dispose maintenant de nombreux moyens permettant, non pas de rajeunir, mais tout au moins d’influencer la rapidité d’évolution du processus de sénescence et d’éviter certaines de ses conséquences pathologiques.

Dans notre entourage, il est fréquent de constater que certaines personnes vieillissent plus vite que d’autres : cette observation correspond-t-elle à une réalité scientifique ?

Nos organismes et les éléments qui les composent vieillissent tous de façon différente et à des vitesses variables. Certaines personnes semblent présenter une résistance relative au vieillissement, en partie héréditaire; on rencontre des familles au sein desquelles les individus terminent en majorité leur vie à un âge très avancé, sans altération préalable de leur état de santé. Inversement, d’autres personnes vieillissent plus rapidement et voient leur vie interrompue précocement, peut-être en raison de prédispositions génétiques à certaines affections, mais aussi et surtout en raison de modes de vie et de comportements individuels qui vont dilapider leur capital santé.

Par exemple, une pression artérielle trop élevée, un excès de poids, une consommation excessive de cigarette, un cholestérol anormal représentent autant de facteurs de risque qui vont agir de façon synergique pour induire un vieillissement prématuré du système cardio-vasculaire. L’accumulation progressive des dégâts au niveau des parois artérielles provoquera en fin de compte une complication aigue tel qu’un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral ou une occlusion artérielle…et éventuellement une mort prématurée ou un handicap majeur!

Puisque nous vieillissons tous différemment, est-il possible de prévoir ce qui nous attend et peut-on augmenter nos chances de « bien » vieillir ?

On peut effectivement augmenter nos chances de «bien» vieillir en tentant de détecter aussi précocement que possible les altérations physiologiques qui vont influencer négativement notre état de santé avec l’avance en âge. On dispose pour cela de marqueurs biologiques de plus en plus précis permettant à la fois d’apprécier le degré de vieillissement de tel ou tel organe ou système et d’identifier les facteurs de risques susceptibles de provoquer à terme une altération de notre organisme et/ou une maladie. Une fois que l’on a mis en évidence de tels facteurs de risque, il faut alors tout mettre en œuvre pour les éliminer ou les mettre hors d’état de nuire. Il faut savoir que deux tiers des affections responsables d’une mortalité précoce peuvent être prévenus!

L’âge étant en soi un facteur de risque majeur, est-il possible de ralentir le vieillissement ?

Nous sommes encore loin d’avoir complètement élucidé les bases biologiques du phénomène de vieillissement. Néanmoins, des avancées considérables ont été effectuées dans ce domaine au cours de ces dernières années et les pièces du puzzle commencent à se mettre en place. Plusieurs mécanismes moléculaires fondamentaux directement impliqués dans le processus de sénescence ont déjà été identifiés. A mesure que notre compréhension du vieillissement progresse et que de nouvelles voies biochimiques sont découvertes, des moyens pharmacologiques sont développés qui nous permettent de bloquer partiellement les rouages intimes du vieillissement. Ralentir le processus biologique de la sénescence représente donc une autre étape importante dans la lutte contre le vieillissement.

Pratiquement comment peut-on initier une démarche de prévention ?

Il existe maintenant des centres de médecine préventive dont la mission est de mettre à la disposition du public à la fois les informations les plus récentes concernant la lutte contre le vieillissement et une approche scientifique du traitement de la sénescence. Un bilan de santé complet y est proposé comprenant examen clinique par des médecins spécialistes du vieillissement, dosages biologiques (marqueurs biologiques du vieillissement, bilan hormonal), examens radiologiques (en particulier mesure de la densité osseuse et détermination de la composition corporelle) et consultations spécialisées. Ces examens ont pour but d’apprécier le degré de vieillissement physiologique et d’identifier les facteurs de risque individuels afin de prévenir la survenue ultérieure d’affections dégénératives invalidantes. Au terme de cette évaluation, des programmes anti-sénescence personnalisés sont proposés dans différents domaines de la pathologie. Les participants font un choix informé du programme dans lequel ils désirent s’engager. Un suivi médical est assuré, permettant de contrôler l’efficacité de ces interventions anti-sénescence. Le but à long terme de cette évaluation et des programmes à visée préventive est le maintien de l’état de santé avec l’avance en âge.

Comment concevez-vous l’avenir dans le domaine de la santé et du vieillissement ?

Le vieillissement de notre société n’est pas une éventualité, c’est un fait bien réel qu’il nous faut déjà prendre en compte. Pour que ce vieillissement soit acceptable pour l’individu et la société, il n’existe pas d’autre alternative que de tenter de confiner la maladie au terme ultime de notre existence biologique. Autrement dit, il nous faut mourir comme les vrais cowboys, les bottes aux pieds ! Il est donc indispensable de développer les instruments de la médecine prédictive et préventive et d’améliorer notre connaissance scientifique des mécanismes biologiques de la sénescence. Pourvus de ces armes, il faut en outre que nous devenions les acteurs responsables de notre propre santé, encouragés et soutenus dans cette voie par un système d’assurance médicale cohérent.

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