Quand l’hypnose se met au service de la médecine

L’hypnose est de plus en plus utilisée en médecine, mais quand l’utilise-t-on réellement ? Tout d’abord, cela ne ressemble pas à ce que l’on voit à la télévision. Il n’y a pas d’horloge qui se balance de gauche à droite et qui, au claquement des mains, vous hypnotise soudainement. Cet état d’esprit hypnotique, nous l’expérimentons réellement dans notre vie quotidienne. Dès que vous commencez à vous concentrer intensément sur une chose en particulier, vous perdez la perception de tout ce qui vous entoure. Tout le monde peut être hypnotisé s’il est prêt à écouter les instructions des thérapeutes.

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Services de soins intDepuis plusieurs années, l’hypnose médicale fait son apparition en Suisse. Mais comment fonctionne-t-elle et dans quelles circonstances est-elle utilisée?

Services de soins intensifs, salles d’opération, cabinets de médecins, de psychologues ou de dentistes… il est de plus en plus courant de se voir proposer le soutien de l’hypnose médicale pour mieux apaiser la douleur ou l’angoisse ou affronter une intervention chirurgicale sans avoir recours à une anesthésie générale. Si la technique vous intéresse, chassez de votre esprit toutes les images spectaculaires croisées au détour d’un show télévisé. Elles n’ont rien en commun avec l’état hypnotique utilisé en médecine.

Cet état dont il est question, nous l’expérimentons tous au fil des jours, de manière naturelle et spontanée. Il suffit de se concentrer sur sa lecture, sur la conduite de sa voiture, sur un jeu ou n’importe quelle autre activité captivante pour focaliser notre attention et ne plus percevoir ce qui se passe autour de nous. Chacun peut donc être hypnotisé, pourvu d’en avoir l’envie et de coopérer avec le thérapeute. Sans se substituer aux traitements en place, cette méthode renforce l’effet des médicaments, et permet de supporter certains actes médicaux ou certaines interventions praticables sous anesthésie locale, pour peu que le chirurgien impliqué soit favorable à cette approche.

En Suisse, pour les médecins intéressés, seule une formation donnée par l’IRHYS (Institut Romand d’Hypnose Suisse) délivre un certificat d’aptitude validé par la FMH tandis que, pour les professions paramédicales, le même institut en partenariat avec HES SO Valais propose un CAS (Certificate of Advanced Studies) également reconnu, en Art et Techniques hypnotiques dans le domaine de la santé et du social.

Une approche rassurante et efficace

Contrairement aux spectaculaires démonstrations d’hypnose de cabaret, la technique pratiquée par les professionnels de la santé n’est pas agressive, mais induit une modification de la perception que le patient peut avoir. En entrant en communication de manière douce avec lui et en interférant sur ses émotions, l’intervenant arrive à l’accompagner afin qu’il s’évade de manière naturelle, augmentant ainsi le seuil de tolérance à la douleur qu’il ne ressent plus comme envahissante et difficilement supportable. La technique de communication utilisée est adaptée en fonction de chaque cas afin que chacun y trouve du sens. Si le confort du patient n’est pas optimal durant l’intervention, les techniques anesthésiques associées peuvent toujours être renforcées à tout moment en fonction des besoins, ce qui rend la technique rassurante pour les patients comme pour les médecins.

Si la demande pour avoir accès à l’hypnose médicale est de plus en plus présente dans le public, il n’y a pas encore suffisamment de médecins et d’infirmières formés pour pouvoir entièrement y répondre. Mais les spécialistes sont formels : la technique devrait se généraliser à l’avenir, et toutes les possibilités qu’elle offre sont bien loin d’avoir toutes été explorées !

Témoignage de Sonia

« Il y a deux ans, j’ai appris qu’il fallait que je me fasse retirer des nodules au niveau de la thyroïde. Je suis de nature angoissée, et j’ai toujours eu très peur des anesthésies. Il était donc évident pour moi que je refuserais d’être totalement endormie. L’anesthésiste m’a donc proposé d’avoir recours à l’hypnose et de me faire opérer sous anesthésie locale. Comme j’ignorais de quoi il s’agissait, nous avons fait quelques séances pour m’habituer. En suivant la voix de l’anesthésiste, je m’imaginais dans un endroit que j’aimais et nous parlions de ce que je voyais. Le jour de l’opération, nous avons fait exactement la même chose et tout s’est très bien passé. Je n’ai eu ni peur ni mal, et je sais aujourd’hui que je pourrais affronter toute autre intervention de ce genre sans la moindre crainte. »

Témoignage de Nicolas

« J’ai été victime d’un accident au cours duquel j’ai eu le corps brûlé à plus de 60%. J’ai été plongé dans un coma artificiel durant six semaines, pendant lequel les médecins ont procédé à plusieurs greffes de peau. Les semaines qui ont suivi le réveil ont été pénibles. Pour pouvoir me faire les soins et me laver, il fallait me faire une anesthésie générale trois fois par semaine. Jusqu’au jour où, avec l’infirmière qui s’est occupée de moi, nous avons décidé d’essayer d’effectuer les soins sans m’endormir, mais avec l’aide de l’hypnose. Nous avons beaucoup parlé, elle était très à mon écoute. Grâce à elle, j’ai pu me concentrer sur une histoire que j’imaginais, dans laquelle je me sentais parfaitement bien. Tout s’est très bien passé et nous avons continué ensuite. Je sentais que mon corps était manipulé, mais je ne souffrais pas car j’étais absorbé ailleurs. J’ai gardé une grande reconnaissance pour cette dame qui, grâce à l’hypnose, m’a énormément aidé. »

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