Cette force obscure nommée Ménopause…

Woman drinking coffee

Helena Perdoux-Frances

Fondatrice du Réseau your 50’s 

mai 17, 2022

Il est important de faire un bond en arrière et de jeter un oeil curieux et bienveillant sur le statut de la femme jusque dans les années 60. La femme a longtemps tenu la place centrale et néanmoins purement décorative de la vie en société. Il lui a fallu accepter son physique, le réajuster et l’entretenir. Le passage à la vieillesse annoncée (on n’affichait pas encore le mot ménopause) la faisait forcément et obligatoirement basculer du côté des sages – si elle avait de la chance – ou des oubliées.

Une femme au physique avantageux (donc jeune) a longtemps été le faire-valoir de l’homme. Si à cette chance, elle ajoutait celle d’être une femme dévouée, présente et discrète, elle obtenait le statut de «femme idéale».

Bien entendu, la société a évolué et les regards aussi mais quand il s’agit d’associer les mots «femme» et «50 ans» et de conclure par le mot «ménopause», le discours est moins fluide et le système s’enraye. Il a donc fallu placer un discours postmoderne composé de nouveaux vocables comme pré ou péri-ménopause et postménopause (travaux de Madeleine Greer, en 1991). Un regard rationnel, ça rassure. .. Enfin, les hommes seulement !

Vous serez probablement d’accord avec moi pour dire que les mots qui nous viennent plutôt à l’esprit sont de l’ordre de la séduction, de l’amour, de la maturité assumée… la femme de 50 ans et plus, est créative, presque délivrée, avec comme un goût de liberté sur les lèvres. Elle observe, réfléchit et choisit ses armes : la pensée, la jeunesse inhérente à sa personnalité de femme libre et le pouvoir de s’accepter.

Une fois, la prise de conscience salutaire installée, un état des lieux s’avère indispen- sable. Afin de rechercher ou de se construire une image correspondant à sa nouvelle réalité, il faut affronter un «JE» inconnu car même s’il est le reflet d’une seconde et incroyable jeunesse, il est à traiter avec égard et empathie.

Si son identité sociale a jusqu’à maintenant permis à la femme de se situer et de s’évaluer, apprivoiser ce nouveau « JE » la laisse momentanément dans une phase de transition durant laquelle elle doit, d’une certaine façon, se reconstruire.

Faisons de ce «JE» un «JEU» et commençons le processus du deuil de notre corps d’avant… le nouveau que l’on découvre à l’aube de la ménopause, n’est pas moins beau, il est simplement différent et nous devons adapter notre regard.

Ce processus commence par l’acceptation; en l’occurrence, il s’agit d’accepter que le temps a passé, que son image a changé et enfin d’affronter cette annonce de la vieillesse à venir (mais quand même dans longtemps ;-)).

Deuil, cycle, passage, virage, tournant, étape, renouveau, crise… autant de mots qui qualifient le début de cette nouvelle vie.

Toutefois, il en est un qui véhicule, à mon sens, beaucoup plus de sérénité: Nouveauté. Or, chaque nouveauté contient son lot de nostalgie. Pour accepter et donc juguler cette nostalgie, il faut comprendre… Comprendre le fonctionnement de son corps, la façon dont on souhaite aborder ce changement et faire un point sur son devenir.

Faire un point objectif et positif suppose l’amour de soi-même. Il est évident que le fait d’avoir apprécié son image et de s’être aimée tout simplement, n’implique pas une affection inconditionnelle et immédiate pour celle que nous devenons. Il s’ensuit alors une réflexion, une espèce d’état des lieux objectif, lucide et idéalement bienveillant. Considérer ce chemin comme un rite nécessaire et accepter que s’approcher de la vieillesse soit un pivot important et inéluctable de sa réflexion, ne peut que nous emmener plus loin que le but initial… associer le changement à la découverte, rester curieuse de soi-même, s’aimer pour qui l’on est et valider sa nouvelle «représentation».

Cette (r)évolution est perturbante, déstabilisante et finalement porteuse de vie. Arrêter de se juger, couper la parole au « petit saboteur » toujours coincé entre deux neurones et lâcher-prise sur toutes les fausses (et mauvaises) croyances que nous nous infligeons. Non, jeunesse ne rime pas avec séduction… Non, ma vie de femme n’est pas finie… et oui je suis belle et libre, différente mais embellie par l’expérience.

Alors moi, à 57 ans, j’ai décidé de bousculer ma vie, de devenir coach, épaulée par mon réseau de professionnel(le)s, au service de la femme de 50 ans et plus, à ce moment précis où elle bascule de la lumière à une pseudo-obscurité dont elle ne mesure pas encore le pouvoir. Je touche du doigt la liberté. Je vis et développe mes activités sans me préoccuper de ce que le XXe siècle en aurait pensé; le XXIe me le rendra bien!

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