Arthrose de la base du pouce ou rhizarthrose

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Dr. Grégoire Chick

Chirurgie de la main Clinique de Genolier, Genolier

août 6, 2022

Alors, qu’est-ce que la rhizarthrose ? C’est un type d’arthrite qui affecte le pouce ou plutôt l’articulation trapézométacarpienne de la main. Cette affection touche aussi principalement les femmes. Les femmes âgées ont 20 fois plus de chances d’en être atteintes. L’un des principaux symptômes est une douleur constante à la base du pouce, un gonflement, une difficulté à utiliser le pouce, etc. Il n’existe pas de traitement spécifique de l’arthrose de la base du pouce, mais des interventions chirurgicales peuvent être pratiquées pour remédier à ce problème.

Vous voulez en savoir plus ? Continuez à lire l’article du Dr Grégoire Chick.

L a rhizarthrose est une pathologie très fréquente, souvent bien tolérée, qui touche 20% des femmes. Elle correspond à l’usure chronique du cartilage qui recouvre le trapèze et le premier métacarpien à la base du pouce.

Les multiples présentations cliniques et radiologiques de cette affection dégénérative illustrent la complexité de l’articulation trapézo- métacarpienne. Il s’agit d’une articulation clé de la colonne du pouce, qui permet d’orienter la pulpe du pouce en opposition aux autres doigts (pince pollici-digitale) pour les mouvements fins de préhension. Cette articulation est fermée par une capsule articulaire dont les renforts constituent les ligaments qui assurent sa stabilité avec les muscles de voisinage. La rhizarthrose est l’apanage de la femme de 50 à 60 ans avec une atteinte le plus souvent des 2 côtés, à des stades cliniques et radiologiques différents. Il s’agit d’une arthrose essentielle (cause inconnue). Rarement, l’arthrose est la conséquence d’une fracture, d’un rhumatisme ou d’une infection. La douleur est le plus souvent le premier symptôme, soit spontanée, soit dans certains gestes de la vie quotidienne utilisant la pince pollici-digitale comme tourner une clef, peler des fruits ou ouvrir un bocal. Le manque de force se démasque dans la prise des gros objets. L’évolution se fait par crises douloureuses, sur une période de 7 à 10 ans, conduisant à une déformation progressive du pouce. L’aboutissement est une fermeture de la première commissure (espace entre pouce et index), avec une déformation de la colonne du pouce en M (pouce adductus). La douleur s’estompe faisant place à l’enraidissement.

Le bilan repose sur des incidences radiographiques particulières, qui permettent de confirmer le diagnostic clinique, d’apprécier l’importance de la destruction articulaire, la conservation d’un certain volume osseux et de rechercher une atteinte arthrosique des articulations voisines (arthrose péri trapèzienne). Les poussées inflammatoires sont, soit très douloureuses et précipitent la demande thérapeutique, soit parfaitement tolérées jusqu’à ce que la patiente se plaigne de difficultés à saisir les gros objets.

INITIALEMENT, LE TRAITEMENT EST TOUJOURS MÉDICAL REMPLISSANT 2 OBJECTIFS:

Diminuer la douleur et préserver l’amplitude articulaire. Il associe le repos, les antiinflammatoires, de la physiothérapie antalgique et une attelle thermoformée sur mesure maintenant le pouce dans une position d’écartement portée la nuit. Cela permet de conserver une utilisation normale du pouce la journée, au besoin facilitée par une orthèse souple fonctionnelle. Une infiltration de corticoïdes peut aider à passer la période inflammatoire hyperalgique. Sa répétition itérative risque d’altérer l’appareil capsulo-ligamentaire, ce qui compliquera un éventuel geste chirurgical.

Lorsque le traitement médical suffisamment prolongé (6 mois à 1 an) devient insuffisant pour calmer les douleurs (10% de patients), ou qu’apparaît une fermeture de la première commissure ou une déformation de la colonne du pouce, on peut envisager un traitement chirurgical. Il vise à résoudre au mieux une triple demande: l’indolence, la mobilité et la force.

Dans les stades précoces de l’arthrose, l’articulation peut être préservée soit en la stabilisant (ligamentoplastie), soit en réorientant les surfaces articulaires (ostéotomie), soit en retirant les nerfs destinés à l’articulation (dénervation). Au stade de l’arthrose plus avancée, 2 grands types d’interventions sont proposés. Le choix sera en fonction de l’âge, de l’activité professionnelle (travail de force), de l’importance de la destruction articulaire, de la taille du trapèze, de l’atteinte des articulations voisines et des habitudes du chirurgien.

● La trapézectomie consiste à ôter l’os malade (trapèze). Pour stabiliser le pouce et maintenir la hauteur de la colonne du pouce, on interpose un tendon voisin (ligamentoplastie).

● La prothèse trapézo-métacarpienne ressemble à une mini-prothèse de hanche, avec une tête sphérique métallique qui s’articule dans une cupule trapézienne en polyéthylène ou en métal. La fixation des pièces prothétiques dans l’os fait appel soit à la régénération osseuse (prothèses non scellées), soit à du ciment (prothèses scellées).

Les résultats de ces 2 types d’interventions sont bons sur la douleur et la mobilité. La force est souvent diminuée dans les trapézectomies et la colonne du pouce souvent raccourcie avec une indolence longue à obtenir (6 mois). Les prothèses nécessitent une limitation de l’activité de force pour éviter les complications mécaniques. Avec les modèles récents, la durée de vie des implants est de 12 à 15 ans. Cela ne coupe pas les ponts à une trapézectomie en cas d’échec.

L’arthrodèse trapézo-métacarpienne (blocage définitif de l’articulation) doit rester une indication ponctuelle compte tenu des difficultés de réglage, de l’immobilisation longue (2 à 3 mois) avec une fusion osseuse difficile à obtenir.

Même si le traitement chirurgical de la rhizarthrose est controversé dans la littérature, les résultats prouvent que la chirurgie est efficace pour les principaux symptômes avec des complications qui restent rares. Il est nécessaire de garder à l’esprit que les résultats sont moins bons si la chirurgie est proposée trop tardivement. La prise en charge de la rhizarthrose passe par une optimisation de la coordination entre les différents intervenants (généralistes, internistes, rhumatologues, physiothérapeutes, ergothérapeutes et chirurgiens de la main).

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